Dialogue entre Valérie Pécresse et les grandes écoles
Alors que Paul jacquet, président de la Conférence des écoles françaises d’ingénieurs, interpelle Valérie Pécresse par lettre interposée, la presse s’intéresse à l’avenir des Grandes Ecoles. Paul Jacquet revient sur les déclarations de la ministre dans le quotidien la Tribune daté du 29 septembre 2009.
Il déplore le manque d’information des 40 écoles d’ingénieurs placées sous la tutelle du ministère sur la question de la répartition des moyens. Il regrette également le manque de valorisation de ces établissements et des écoles d’ingénieurs en général qui représentent deux tiers des effectifs de grade de masters en sciences et technologie.
M. jacquet : « Plus généralement, je vous disais que votre silence atteint incidemment l’ensemble des écoles françaises d’ingénieurs, qu’elles soient publiques et de toutes tutelles ou bien privées. Comment en effet imaginer faire un bon en avant scientifique et technologique à notre pays en ignorant avec autant de constance le pan de notre enseignement supérieur qui en est évidemment le plus concerné ».
Le Monde de l’éducation « Grandes écoles un modèle en danger »
Le Monde de l’éducation en date du 10 novembre revient sur les propos récents des représentants des grandes écoles françaises : « M. Jacquet prévient du « malaise croissant ressenti par [les] directeurs et qu’ils identifient au mieux comme un constant désintérêt de [sa] part ». C’est d’autant plus incompréhensible, poursuit-il, qu’ »au cours des dix dernières années, les effectifs de l’enseignement supérieur français n’ont eu de cesse de décroître [– 15 % entre 1998 et 2008], alors même que sur la même période, les effectifs des écoles progressaient de 12 % ».
Pierre Tapie, nouveau président de la Conférence des grandes écoles (CGE), n’a rien dit d’autre en cette rentrée. Alors que les quelque 440 écoles françaises forment 40 % des étudiants français au niveau mastères, il serait temps que l’Etat les aide à surmonter leurs difficultés financières. En clair : « Occupez-vous de nous ! »
Valérie Pécresse étant sortie du sérail (HEC, puis ENA), ce serait la moindre des choses… Cependant, les temps changent. La mondialisation de l’enseignement supérieur et la crise économique sont passées par là. Si les grandes écoles font toujours en France figure de formation d’excellence, ce nouvel environnement les oblige aujourd’hui à changer. »
Pour s’adapter, ce ne sont pas les atouts qui manquent. Avec leur formation professionnalisante, leur pédagogie souvent innovante, leur bon taux d’insertion professionnelle, leur chance – dénoncée par les uns, louée par les autres – de sélectionner leurs étudiants et leur savoir-faire en matière de partenariat avec les entreprises, elles ont toutes les cartes en main.
Mais, voilà, les grandes écoles ont aussi un lourd passif. Ces dernières années, les essais et les prises de position critiques pleuvent contre un système qui a du mal à s’ouvrir à de nouveaux publics, qui formate et reproduit les élites, et qui mène peu de recherches.[]
En effet, « sous le double effet de la mondialisation de l’enseignement supérieur et de la concurrence, traduite par les grands classements internationaux, nous assistons à une homogénéisation des formes institutionnelles et une standardisation des diplômes. L’université est aujourd’hui le modèle par excellence, et les masters et PhD [le doctorat version anglo-saxonne], sont les offres standardisées », schématise Cyrille Van Effenterre, le délégué de Paritech, pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) rassemblant douze des plus grandes écoles d’ingénieurs parisiennes.
Qu’elles soient multidisciplinaires, monodisciplinaires, ou de technologie, les universités sont la norme dans le monde. Les écoles ne peuvent le nier. Si, pour la CGE, les grandes écoles sont déjà en soi de petites universités, le temps est au regroupement sous une même bannière des écoles et des universités. De fait, insiste Pierre Tapie, « la distinction université-grande école est aujourd’hui obsolète » ; les écoles proposent des diplômes communs avec les universités, quand ces dernières ouvrent des classes préparatoires aux grandes écoles… »
L’inquiétude principale des grandes écoles à travers leur porte parole M. Jacquet est avant tout l’absence d’un message clair et d’une stratégie du gouvernement sur ce nouvel équilibre a trouver entre universités et grandes écoles.
Le Monde – 10/11 – Grandes écoles un modèle en danger
la Tribune – 29/09 – Valérie Pécresse : « il faut trois grands pôles universitaires à Paris »